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  • Le bisphénol A est de retour à la caisse

    icket-de-caisse.jpgAlors que le bisphénol A est sur le point d’être définitivement interdit dans la composition des biberons, c’est dans l’encre des tickets de caisse que ce composé chimique potentiellement dangereux réapparaît.

    On croyait le bisphénol A (BPA) définitivement indésirable, alors que les dangers de ce composé chimique sur la santé ont été démontrés. Il pullulerait pourtant en toute liberté sur les tickets de caisse…

    Alors que la France a interdit l’utilisation du bisphénol A dans la fabrication des biberons, une étude de l’ONG américaine Environmental Working Group démontre que c’est bel et bien sur les tickets de caisse, et plus précisément dans l’encre utilisée pour les imprimer, qu’il est présent à forte dose. 40% des échantillons analysés par le département des sciences en biologie de l’Université du Missouri, mandaté par cette organisation, en étaient imprégnés et ce que ce soit sur les tickets de caisse de grandes chaînes de distribution et d’alimentation comme Walmart, McDonald’s ou Kentucky Fried Chicken (KFC), mais aussi sur ceux distribués par l’US Postal Service (USPS). D’autres tickets d’entreprises comme ceux de Bank Of America et Starbucks se sont de leur cotés révélés plus sains et ne contenant, tout au plus, que des quantités de BPA non dangereuses pour la santé.

    Encore pire que les biberons ?

    Ce constat s’avère d’autant plus inquiétant qu’après une étude suisse publiée en juillet dernier, le BPA contenu dans ces tickets est tout à fait capable de rentrer dans la peau et de s’infiltrer suffisamment profondément pour qu’il ne puisse pas s’enlever.  Jusque là on savait déjà qu’il pouvait être néfaste pour le cerveau, perturber le système hormonal et se révéler hautement cancérogène. L’équipe de chercheurs du Missouri a même appris que la quantité de BPA présente sur les tickets de caisse se révèle de 250 à 1 000 fois supérieure à celle trouvée en moyenne dans les biberons, première priorité des pourfendeurs du bisphénol A. Encore mieux : ce composé extrêmement contagieux est capable de se répandre dans l’intégralité du sac de courses et en contaminer l’ensemble de son contenu, notamment les aliments. Au total, les auteurs de cette enquête estiment qu’un simple ticket pourrait renfermer 12 fois la dose journalière tolérable pour un adulte, estimée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) à 50 microgrammes par kilo.

    Cette succession de nouvelles inquiétantes amène les gouvernants à se prononcer de plus en plus fermement pour l’interdiction totale de ce composé. Après le Canada qui en a intégralement banni l’utilisation en 2008 et les Etats-Unis qui poussent par la voix de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) à trouver des alternatives au bisphénol A, c’est la France qui tente d’organiser la lutte contre le BPA. Et bien que les biberons conçus à base de BPA aient été bannis par le vote du Parlement le 23 juin 2010, l’extension de cette mesure à l’ensemble des contenants alimentaires qui figurait dans un amendement a par contre été rejetée.

    L’ANSES tente de relativiser

    L’ANSES (NDLR : ex-AFSSA, Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ne veut toutefois pas céder au catastrophisme : « On est là face à une voie d’exposition secondaire du bisphénol A dans l’organisme (par contact). Ce composé est un perturbateur auquel l’homme est principalement exposé par la voie alimentaire. Il n’y a pas de raison de s’inquiéter outre mesure ». Ceci ne l’a pourtant pas empêché d’émettre dans un premier temps des « signaux d’alerte » quant à la dangerosité du BPA puis d’appeler à un étiquetage systématique de cette matière pour l’ensemble des composants alimentaires, semblant ainsi prendre la mesure de sa potentielle dangerosité.

    Les grands distributeurs français ne semblent pas savoir comment réagir à cette annonce. Auchan précise juste qu’il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas de BPA sur leurs tickets, et Carrefour admet également la présence de ce composé sur les siens tout en rajoutant que « c’est un problème qui concerne toute la distribution et les services dans le monde ». Au niveau européen, l’EFSA a récemment renoncé à modifier la dose tolérable de BPA pour l’homme mais analyse actuellement plus de 800 études publiées sur ce composé pour tirer en septembre un avis plus définitif sur la question.

    Source : www.zegreenweb.com

    Lire également : BioSignature : éliminer le bisphénol A de notre alimentation

    Découvrir : www.sans-bpa.com

     

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